PIERRE MOUSSA LE FUSIBLE DE LA STABILITE AU PCT !
Le secrétaire général du Parti congolais du travail (PCT), Pierre Moussa a été reconduit, le 1er janvier, à l’issue du sixième congrès ordinaire de ce parti qui vient se tenir à Brazzaville. Sa reconduction se justifie par des tensions internes au PCT.
Agé de 85 ans, homme tempéré et rassembleur, M. Moussa aurait voulu prendre sa retraite politique, surtout du poste de secrétaire général. Selon ses proches, c’est avec peine qu’il a pu achever son mandat (2019-2025), perturbé par des problèmes de santé. Et donc, il n’a pas souhaité revenir.
Actif dans la gestion des affaires publiques depuis 1978 comme secrétaire général de la Planification, Pierre Moussa, originaire d’Owando, dans la Cuvette, a même été Premier ministre pour un mois, de décembre 1990 à janvier 1991, avant la conférence nationale.
Fidèle des fidèles du président Denis Sassou-N’Guesso, M. Moussa est revenu au parti en 2019, après un mandat de cinq ans à la tête de la Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Avec ce parcours bien rempli, le cadre ne souhaitait mieux que prendre du repos cette fois-ci.
La position, certes non affichée, sur l’avenir politique de Pierre Moussa a ouvert un large boulevard à sa succession. La guerre des clans s’est ravivée davantage, occasionnant de vives tensions en sein du parti. Sans être réellement candidats déclarés pour succéder à Pierre Moussa, certains cadres et membres du bureau politique n’ont pas caché leurs intentions. D’autres ont été boostés par leur clan, laissant circuler leurs noms dans la salle du congrès.
Les cadres du parti comme Anatole Collinet Makosso, Denis Christel Sassou Nguesso, Jean Bouya ou Gilbert Ondongo ne se sont-ils pas sentis en légitime envie de prendre la tête de ce parti ? Tout cela est désormais enterré. M. Moussa devra encore travailler pour sortir un secrétaire général de consensus au prochain congrès en…2030.
Le faux suspens ainsi créé a sorti le congrès de ses délais, basculant jusqu’au 1er janvier 2026, alors que les travaux auraient pu s’éteindre depuis le 30 décembre.
Le président du comité central de ce parti, Denis Sassou-N’Guesso a préféré sauver le navire en reconduisant Pierre Moussa dont le rôle en 2019 était également d’apporter la stabilité au sein du PCT en attendant de trouver un secrétaire général qui devrait relancer le parti.
A condition de lui trouver des membres du Secrétariat permanent solides, l’action de Pierre Moussa risque bien d’être impactée par le poids de l’âge et les problèmes de santé. Il sera difficile de gérer le parti entre deux avions.
Par ailleurs, ce sixième congrès extraordinaire a également procédé au renforcement des pouvoirs de certains cadres du parti. Ainsi, en dehors du fait qu’ils soient membres du bureau politiques, les personnalités suivantes ont pris d’importantes charges :
- Anatole Collinet Makosso, président de la commission Souveraineté
- Gilbert Ondongo, président de la commission Economie et finances
- Jean-Jacques Bouya, président de la commission Infrastructures ;
- Axcel Ndinga Makanda, président de la commission Socio-culturel ;
- Rosalie Matondo, président de la commission Environnement
- Denis Christel Sassou Nguesso, président de la commission Jeunesse et emploi.
Le Secrétariat permanent maintient ses neuf membres dont
- Faustin Elenga, à l’Organisation ;
- Benoit Alangamoye, à l’Administration
- Marie Jeanne Kouloumbo, aux Affaires électorales ;
- Romuald Parfait Iloki, à la Communication
- Cathia Mouthault, aux Relations extérieures
- Ignace Tendenlet, aux Finances
- Pauline Issongo, à la Solidarité et aux ressources
- Théophile Adoua, à la Formation et à la documentation ;
- Benoit Bathy, aux Affaires juridiques
- Comité centrale : 775 membres
- Bureau politique : 75 membres
- Secrétariat permanent : 09