DES JEUNES MOBILISATEURS OU « RABATTEURS » A L’OEUVRE !
Les acteurs jeunes acteurs politiques ont trouvé un nouveau créneau, mobiliser à toute occasion pour le président Denis Sassou-N’Guesso. L’ancien ministre Digne Elvis Tsalissan s’est distingué à ce qui apparaît aujourd’hui un nouveau business politique. On ne mobilise qu’avec de l’agent.
Grand mobilisateur des foules ces dernières années M. Tsalissan l’a plusieurs fois fait pour le compte de son parti, l’Union pour un mouvement populaire (UMP), sa plate-forme PONA Ekolo Samuna Buala et aujourd’hui pour la Génération auto entrepreneurs (GAE), la vague bleue. Il mobilise sans coup férir.
En 2025, il rentre en collision ouverte avec le parti présidentielle, le Parti congolais du travail (PCT), ambitionnant de mobiliser le 5 février au boulevard Alfred Raoul sous le label de Patriarche. Le PCT tenait à le faire à la même date et au même lieu sous le label de Timonier. Chaque camp ayant reçu d’importants fonds pour réaliser cette opération.
Craignant une vive confrontation de mobilisés, les autorités refusent l’activité à Digne Elvis Tsalissan, qui va réaliser une véritable raz-de-marée quelques jours plus tard, au même boulevard.
L’ancien ministre s’était adoubé des bras forts du député de Moukondo, Ninon Ngouamba, lui également mobilisateur. Mais, les deux coqs ne pouvant chanter dans le même poulailler, M. Ngouamba a préféré tracer son chemin, mobilisant sous le label Timonier avec le PCT.
En réalité, cette activité de mobilisation à tous les coups, paye bien. On ne peut pas mobiliser sans argent. Le minimum qu’ils remettent à la population mobilisée, c’est 2.000 XAF. Sinon, ils font plus. Le budget de mobilisation sur une activité peut peser 100 millions de XAF. Cela nourrit bien, et tout le monde sur la chaîne. Les mécènes ne sont pas des bras cassés. Le ministre Hugues Ngouelondelé ou le Directeur général de la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC) n’ont pas hésité de mettre des millions dans l’activité de mobilisation politique.
Avant, cette activité était réservée aux partis politiques. Le PCT s’accaparait seul ce business, mais parfois sans mobiliser réellement. Les ministres, les députés et autres dirigeants étaient soumis à des carrés de mobilisation qu’ils n’atteignaient pas, parce que impopulaires même dans leurs propres circonscriptions électorales.
Mais, grâce à ces nouveaux « rabatteurs », le chef de l’Etat ne peut plus se déplacer seul. Plusieurs fois Digne Elvis Tsalissan a bourré des bus à partir de Brazzaville jusqu’au lieu de la manifestation. Il est d’ailleurs bien positionné pour l’inauguration de la Grande foire agricole du Congo qui s’ouvre le 5 février à Bambou, à une soixantaine de kilomètres au nord de Brazzaville.
De l’autre côté, les petits partis de la majorité présidentielle s’emploient à mobiliser pour Denis Sassou-N’Guesso. Mais très souvent, la mayonnaise ne prend pas. C’est le cas du Mouvement des jeunes présidentiels (MJP) de Donald Mobobola, grand mobilisateur jusqu’en 2025, mais aujourd’hui en panne de crédit, les vannes ayant été fermées. De même, la DRD de l’ancien ministre Hellot Mantson Mampouya, connu grand mobilisateur après le changement de constitution de 2015. Depuis, l’étoile scintillante s’est éteinte…
On remarque cependant la montée en puissance des partis comme l’Action permanente pour le Congo (APC) qui a pu mobiliser début janvier à l’esplanade du stade Alphonse Massamba-Débat jusqu’à 18.000 personnes venues de quatre coins de Brazzaville et des départements.
