LE TAMBOURINAGE D’APPELS À LA CANDIDATURE DE SASSOU A COMMENCÉ
Depuis quelques mois, on assiste à l’appel, par diverses organisations politiques et civiles, à la candidature du président Denis Sassou N’Guesso à l’élection présidentielle de mars 2026. Il ne se passe plus une seule semaine sans qu’on n’écoute cela. Les différents crieurs rivalisent même dans la manière de faire.
Reçu en juin dernier à l’émission POKER, éditée par le site web CFD LIVE, le coordonnateur national de Génération Auto Entrepreneur (GEA), Digne Elvis Tsalissan Okombi a déclaré réunir plus de 100.000 personnes au stade de la Concorde de Kintele, pour qu’elles appellent, comme à l’unisson et d’un seul chœur, à la candidature du chef de l’État à prochaine présidentielle.Le stade de Kintele, construit en 2015 n’a la capacité d’accueil que 60.000 personnes. On craint bien que les uns s’entassent sur les autres, ou bien qu’une partie occupe la pelouse, non utilisée depuis des années !
Tsalissan Okombi compte le faire en novembre 2025, quelques semaines avant la tenue du congrès du Parti congolais du travail (PCT) dont l’aboutissement sera effectivement cet appel à la candidature. Un choix de calendrier stratégique fait sciemment pour coller le PCT.
En 2024, une association dite Bana Dol avait lancé les couleurs lorsqu’elle est allée balayer et repeindre la place Le Prince de Dolisie, consacrée au Chef de l’État congolais. À la surprise générale, cet appel, coordonné par François Nguimbi, actuel directeur général de la Caisse de retraite des fonctionnaires (CRF) avait été noyé dans la polémique.
Et pourtant quelques mois seulement après, il est revenu à la mode. Comme par hasard, les fédérations du PCT et ses organisations affiliées comme l’OFC et la FMC, n’ont plus de cesse d’appeler à cette candidature.
Par ailleurs, les partis de la majorité n’entretiennent aucune confusion sur cette candidature. Aujourd’hui ou demain, ils appelleront tous Denis Sassou N’Guesso à faire acte de candidature. Le Club 2002 et le RDPS se sont déjà exprimés sur la question, et n’ont pas tergiversé.
Le président de l’Assemblée nationale, Isidore Mvouba, du haut de ses fonctions, mais membre du bureau politique PCT, avait indiqué que Sassou N’Guesso « était le candidat naturel du PCT ».
Le Premier ministre Anatole Collinet Makosso aussi avait déjà appelé en juin 2023 à la candidature de Denis Sassou N’Guesso, soulignant même qu’il y travaillait déjà. De nombreux ministres de son gouvernement lui ont emboîté le pas, le cas du ministre de la Communication et des médias, porte-parole du gouvernement, Thierry Moungalla, lors de sa récente tournée médiatique internationale.
En 2016 et en 2021, ces appels à candidature avaient été suivis de remise de grosses somme d’argent à l’endroit du candidat. Il est possible que ces mises en scènes reviennent début 2026.
Depuis janvier 2016, le cautionnement de candidature à l’élection présidentielle est fixé à 25 millions XFA. Cette somme n’est remboursable que si le candidat atteint le seuil de 5%.
Les citoyens dans les départements, quoi que très pauvres, sont poussés par des ministres ou des élus, pour constituer ces enveloppes et faire du tambourinage autour de cette candidature.
Pour l’instant, le président Sassou N’Guesso n’a répondu à aucun appel, arguant qu’il avait encore beaucoup de travail sur le mandat qui court. Au moment venu, il se prononcera, avait-il déjà indiqué à la presse.