LE SENAT EXCLUT LES SANS-BAC AUX ELECTIONS LOCALES
Dans le silence religieux de dimanche, le 22 décembre à Brazzaville, le Sénat a adopté une réforme de la loi électorale interdisant désormais les acteurs politiques et de la société civile à participer aux élections locales, les emmenant directement à impacter sur la mise en œuvre de la décentralisation dans le pays.
Selon l’opposant Gaspard Kaya Magane, il s’agit d’un recul pour la démocratie. « La constitution n’a pas prévu ça, pourquoi nous venons créer cette disposition. C’est une discrimination. Cette disposition est inconstitutionnelle », a-t-il déclaré, mais bien sûr, sans être écouté.
M. Kaya Magama a été appuyé par Jean Marie Epouma, un autre sénateur, qui a contesté le fait que le diplôme doit à l’origine de la non mise en œuvre de la décentration au Congo. « Est-ce que la décentralisation patine parce que les conseillers ne sont pas bacheliers ? » s’est-il interrogé, éperdument.
Un débat qui n’a pas impacté le plan de la majorité présidentielle, en surnombre au Sénat. Il a donc suffi aux élus de la majorité de lever la main pour que la réforme passe comme une lettre à la poste.
Défendant la nouvelle loi, le ministre en charge des relations avec le parlement, le ministre d’Etat Pierre Mabiala, a expliqué que la réussite de la décentralisation dépendait entre autres de la qualité intellectuelle des conseillers.
S’appuyant sur l’article 210 de la constitution, le ministre de l’Intérieur, Raymond Mboulou a réitéré la qualité intellectuelle des candidats aux élections locales.
En 2027, le Congo va organiser les élections législatives, locales et sénatoriales. Les élus locaux participeront ensuite à l’élection des maires et des sénateurs.
L’adoption de cette loi crée une polémique au sein de la classe politique, car elle indique également que les candidats doivent désormais appartenir à des partis politiques.
A l’issue du vote de cette nouvelle disposition, le président du Sénat a demandé aux sénateurs d’aller apporter la nouvelle aux conseillers. Ceux qui n’ont pas le Bac ne reviendront plus dans les assemblées locales, et par conséquent au Sénat.