LA SOPECO ASPHXIEE ET LES TRAVAILLEURS ETRANGLES PAR LA CRISE !
La Société des postes et de l’épargne du Congo (SOPECO) n’arrive plus. Soixante huit mois de salaires impayés, des travailleurs au bord de l’asphyxie et une entreprise qui peine toujours à se réinventer. C’est globalement la situation de la SOPECO qui est dans une éternelle crise structurelle.
A la Société, le temps se compte plus en mois, mais en salaires non perçus. Selon les travailleurs, les arriérés atteindraient désormais 68 mois. Un chiffre qui traduit l’ampleur d’une crise sociale qui dure depuis plusieurs années. Fin 2025, les syndicats évoquaient déjà 59 mois d’arriérés, tandis qu’en mars 2026 les agents affirmaient cumuler 63 mois. Et depuis, d’autres travailleurs revendiquent 68 mois ! Des pères et mères de famille continuent ainsi de travailler sans visibilité sur leur prochaine rémunération.
Très peu créative et débordée par la situation explosive des travailleurs, la direction générale de la SOPECO frappe à toutes les portes pour se voir offrir une solution sur un plateau d’argent. L’audition le 7 août de la directrice générale Ludovique Misère Mbossa Mabwere devant la Commission Economie et finances du Sénat a permis aux sénateurs de comprendre cette situation indicible.
Difficultés financières, accumulation des retards de salaires, baisse des activités, vieillissement des infrastructures, mauvaise gouvernance,…tout a été déballé à la commission. D’où la nécessite de moderniser le modèle économique de la SOPECO. L’objectif serait de restaurer la viabilité de l’entreprise, d’améliorer sa performance et de préserver les emplois.
Combien de temps faudrait-il encore à ces pères et mères de famille pour croupir dans la misère ? A A chaque fois, on fait le constat, on écoute les revendications et on fait les réunions, sans suite réelle. Le nouveau ministre en charge de la Poste, Frédéric Nze ne souhaite pas aller au fond du dossier. Il craint une patate chaude que bien avant lui, aucun ministre n’a osé apporter la solution ni même proposer une piste de sortie.
En 2018 déjà, lors de sa prise de fonctions, Ludovique Mabwere qui trouvait seulement 04 mois d’arriérés de salaires avait promis de placer le numérique au coeur de la réforme de la poste et de récupérer les parts de marché perdues au profit de la concurrence. En 2024 encore, elle lançait de nouvelles plateformes numériques, Shopiposte et FinetechPoste mobile, présentées comme des instruments de repositionnement stratégique. Aujourd’hui, tout cela n’a produit aucun résultat, et n’a pas changé la situation des Postiers. Les travailleurs ploient toujours sous une énorme crise.
Et pourtant, la SOPECO dispose de plusieurs sources potentielles de revenus. On peut citer les activités traditionnelles de la poste, la location des bâtiments, la quote-part liée au timbre électronique, sans compter la subvention de l’Etat. Le dispositif du timbre électronique prévoit notamment une répartition de la redevance entre l’État, la SOPECO et l’ARPCE, à hauteur respectivement de 50 %, 10 % et 40 %. La SOPECO détient également 20 % du capital de la Banque postale du Congo, créée en 2012.
A 68 mois d’arriérés de salaires, la SOPECO n’a plus besoin de promesses. Elle a besoin d’une mutation profonde conduite par un management alerte et très créatif. A titre d’urgence, le Premier ministre Anatole Collinet Makosso devrait personnellement intervenir dans le cas de la SOPECO dont la masse salariale de quelque 330 agents ne dépasse pas 70 millions de francs CFA.