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ENFIN MALOUKOU CONNECTE A SON DERNIER MAILLON !

ENFIN MALOUKOU CONNECTE A SON DERNIER MAILLON !

Une zone industrielle sans électricité ni internet. Plus d’une quinzaine d’usines construites à grands frais, mais incapables de tourner à plein régime. Des milliards de francs CFA mobilisés, des promesses d’investissements étrangers, et de longues années d’attente ! Maloukou aura longtemps été le symbole d’une industrialisation congolaise qui voulait aller trop vite sans avoir sécurisé ses fondamentaux.

Finalement, le président Denis Sassou-N’Guesso a procédé le 11 août à Maloukou, à une soixantaine de kilomètres au nord de Brazzaville, près de la ville d’Igné, à la mise en service de l’alimentation électrique de cette zone économique spéciale tant attendue par les jeunes congolais.

Un parc industriel sans électricité. Le paradoxe est saisissant, alors que le projet de Maloukou avait été pensé comme l’un des grands instruments de la diversification de l’économie congolaise. Le complexe devait accueillir plusieurs unités industrielles et créer, selon les projections officielles de l’époque, jusqu’à 20 000 emplois. Mais l’ambition industrielle s’est heurtée à la réalité des infrastructures.

En 2018, lors de la mise en service du site, ses 16 usines n’étaient toujours pas pleinement électrifiées.

Et l’électricité n’était pourtant pas un détail oublié dans les plans. En 2016, l’État avait prévu 15 milliards de FCFA dans le cadre de son emprunt obligataire pour financer plusieurs projets, dont précisément l’électrification du complexe industriel de Maloukou.  Autrement dit, le problème n’était pas l’absence d’une vision sur le papier. L’argent avait été annoncé, le projet identifié, mais l’exécution aura pris des années.

C’est tout le paradoxe de Maloukou : une zone économique spéciale conçue pour attirer l’investissement privé, mais dont les infrastructures de base n’étaient pas totalement au rendez-vous. Une zone industrielle peut avoir des bâtiments, des machines et des terrains disponibles. Sans énergie fiable, elle reste cependant une coquille industrielle. L’investisseur, lui, ne produit pas avec des discours.

Le coût global du projet donne aussi le vertige. Des centaines de milliards de FCFA ont été mobilisés pour construire et aménager le complexe industriel. Mais l’histoire de Maloukou est surtout celle d’un investissement public qui a mis du temps à produire les effets économiques attendus. Les autorités annonçaient alors des milliers d’emplois et une capacité industrielle destinée à réduire la dépendance du Congo aux importations. Pendant longtemps, ces promesses sont restées largement suspendues.

Le secteur privé étranger a pourtant fini par s’intéresser au dossier. En 2021, Crystal Ventures, bras d’investissement rwandais, annonçait vouloir engager 200 millions de dollars dans le développement des infrastructures de Maloukou. Le groupe évoquait notamment un port sec, une ville et un centre de formation.  Cette annonce était suffisamment importante pour changer l’échelle du projet : elle traduisait l’intérêt d’un investisseur disposant de moyens considérables, mais aussi la nécessité de remettre à niveau une zone qui n’avait pas réussi à décoller seule.

En avril 2022, le parc industriel et commercial de Maloukou a finalement été concédé à Crystal Ventures Ltd, à travers un accord signé lors de la visite au Congo du président rwandais Paul Kagame.  Le pari était clair : apporter du capital, du savoir-faire et surtout accélérer la transformation d’un patrimoine industriel sous-utilisé en véritable plateforme de production.

Mais il fallait encore résoudre le problème énergétique. C’est là que le nouveau branchement prend tout son sens. Le courant qui arrive aujourd’hui à Maloukou n’est pas seulement une infrastructure supplémentaire. Il est le dernier maillon d’une chaîne sans laquelle les autres investissements risquent de rester improductifs.

Il faut toutefois éviter un raccourci : les 15 milliards de FCFA annoncés en 2016 pour l’électrification ne doivent pas être présentés comme le coût définitif de la ligne finalement mise en service en 2026. Ils correspondent à l’enveloppe annoncée dans le cadre de l’emprunt obligataire pour les travaux d’électrification de Maloukou. Le coût final exécuté de la ligne et sa répartition précise entre les différents intervenants mériteraient d’être documentés séparément.

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Jude NGOUELA

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