ENQUETE. SOREMI REPREND LES EXPORTATIONS SOUS LA BANNIERE AMERICAINE !
Après plusieurs mois de paralysie due à des démêlées judiciaires complexes, la Société de recherche et d’exploitation minière (SOREMI) basée à Mfouati dans la Bouenza, a repris ses exportations métallurgiques. La mine de cuivre et de zinc fonctionne désormais sous le contrôle de Gerald Group.
Cette reprise intervient après plusieurs années de bataille judiciaire internationale entre le groupe américain et China national gold group (CNG). Les membres de l’ambassade des Etats-Unis qui se sont même rendus à Mfouati.
C’est un événement important, car il ne satisfait pas seulement les Américains qui prennent le contrôle de la mine, mais c’est un élément majeur dans la construction d’un tissu industriel au Congo. Au premier trimestre 2026, la production des industries minières a chuté de 55,9 %, et l’activité de la SOREMI, en souffrance, a impacté négativement la situation. Les cathodes de cuivre sont passées de 1.520 à 482 tonnes, soit plus de 34 % de perte. Et la production de lingots de zinc est passée de 3.155 à 2.033 tonnes.
Le rapport de conjoncture de la Direction générale de l’économie établit un lien entre cette contre-performance et les perturbations liées au conflit entre les actionnaires de l’entreprise exploitante. Aucune exportation de la filière n’a été enregistrée au premier trimestre de 2026, selon les données rapportées par la Direction générale de l’économie. Le cuivre était pourtant au plus haut niveau, et se négociait au tour de 12.830 dollars la tonne, tandis que le zinc atteignait les 3.239 dollars la tonne, au premier trimestre de cette année.
Le Congo a donc traversé une période de paralysie de sa principale activité métallurgique alors que les cours internationaux des métaux étaient intéressants. Combien le Congo va-t-il récupérer après cette reprise ?
Le bras de fer remonte à 2013, lorsque China national group avait acquis 65 % de SOREMI investiments limited (SLI), la holding contrôlant SOREMI. Le conflit s’est ensuite transformé en bataille judiciaire internationale, évaluée à environ 2 milliards de dollars. En juillet 2025, la justice des Îles Vierges britanniques a ordonné la modification du registre des actionnaires afin d’enregistrer Gold mining development, filiale de Gerald Group, comme propriétaire à 100 % de SLI. China national gold a également été reconnue coupable d’outrage au tribunal dans cette procédure. Aujourd’hui, le groupe américain affirme détenir les 90 % de SOREMI SA, et 10 % pour l’État congolais.
China gold perd le contrôle de l’actif SOREMI dans le cadre des décisions judiciaires intervenues dans le contentieux. Les Américains disent avoir eu raison dans huit décisions rendues. Mais, pour autant, la Chine ne disparaît pas du paysage économique et minier congolais. Le Congo et la Chine reste liés par une coopération économique et minière ancienne et importante. Il e est nécessaire en effet de souligner que le dossier SOREMI ne peut être vu comme fissure dans les relations entre Brazzaville et Pékin.
En février 2026, l’affaire a été évoquée lors d’un échange entre le président du Sénat Pierre Ngolo et la chargée d’affaires de l’ambassade des États-Unis au Congo qui sollicitait obtenir de autorités congolaises un appui et un engagement dans le règlement de ce différend. En mai 2024, c’est le responsable chinois de CNG qui s’était rendu au Sénat pour obtenir le soutien des autorités dans ce dossier. La Chine a toujours douté de la bonne foi de la justice internationale, allant jusqu’à accuser un membre de la cour britannique de corruption.
La reprise de SOREMI est une bonne nouvelle pour la production, les exportation et l’activité économique locale. Mais pour le Congo, le principal indicateur reste ailleurs. Combien cette reprise va-t-elle rapporter au trésor public ? Avec une participation de 10 %, l’État est directement concerné par les performance de SOREMI. Mais, ses recette ne se limitent pas aux dividendes. Il y a aussi du fric à se faire de la fiscalité, des redevances, des droits et autres prélèvements liés à l’activité minière doivent également être pris en compte. Sans compter l’emploi à donner aux jeunes.
Après les tribunaux, place aux chiffres. Combien de tonnes seront produites ? La reprise à SOREMI marque peut-être la fin d’une crise industrielle, mais c’est pour le Congo le début d’une phase importante de renflouer les caisses de l’État.