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FACE AUX ANTI-VALEURS LE MINISTRE ESSONGO DOIT RECONCILIER L’ETAT ET LES CITOYENS

FACE AUX ANTI-VALEURS LE MINISTRE ESSONGO DOIT RECONCILIER L’ETAT ET LES CITOYENS

Au cours de la présentation, devant l’Assemblée nationale, de son Programme d’action du gouvernement, le Premier ministre, Anatole Collinet Makosso a annoncé une lutte « renforcée » contre les anti-valeurs et la corruption, dans le but de protéger les recettes publiques. Nommé à la tête du ministère du Contrôle d’Etat, de la qualité du service public et de la lutte contre les anti-valeurs, Léonard Noël Essongo hérite ainsi d’un portefeuille stratégique sur lequel il devra bâtir un comportement citoyen efficace conduisant à la bonne gestion des fonds publics.

Le ministre Essongo est le gendarme de l’Etat, le promoteur de la bonne gouvernance, du contrôle administratif et financier, en faisant appliquer les règles déjà établies. Le président de la République, Denis Sassou-N’Guesso veut faire jouer à ce général de division, un rôle central au coeur du dispositif de la gestion de l’Etat. Le contrôle de l’action publique est devenu un enjeu majeur pour la préservation des ressources publiques. 

Corruption, favoritisme, trafic d’influence, parentocratie, détournement de fonds publics, lenteur administrative, absentéïsme et impunité. Ces maux sont devenus un sérieux fléau au Congo, et divisent aujourd’hui les gouvernants et le peuple qui accusent à longueur de journée les autorités. ça vole, ça pille, ça détruite et ça casse le pays, sans qu’aucun auteur ne soit envoyé en prison pour servir d’exemple à d’autres gestionnaires et mandataires de l’Etat.

Que peut faire le ministre Essongo? Il est attendu sur beaucoup de chantiers laissés en abandon, certainement à cause de leur sensibilité. Pourtant, depuis de longues années, la lutte contre les anti-valeurs figure parmi les engagements récurrents des pouvoirs publics. Mais, dans le quotidien des citoyens, ces faits dénoncés ne sont pas prêts à être éradiqués ni même à être réduits. Au contraire, ils connaissent un accroissement rapide et incompréhensible. Cela continue à alimenter un sentiment de frustration au sein de la population.

Et Léonard Noël Essongo qui se voit confier ce ministère en charge du Contrôle d’Etat doit absolument faire reculer les pratiques qui affaiblissent l’Etat et détériorent la confiance entre l’administration publique et la population. Et pour beaucoup d’observateurs, le défi réside dans la capacité à transformer la volonté du gouvernement en actions concrètes. Il y a déjà eu trop de slogans et de bruit dans ce pays.

Ainsi, les attentes de la population sont nombreuses. Elle veut voir diminuer les comportements de corruption qui alourdissent les démarches administratives et découragent les usagers. La population souhaite également davantage de transparence dans la gestion des finances publiques  ainsi qu’une meilleure traçabilité des ressources de l’Etat.

Pour les entreprises, la lutte contre les anti-valeurs représente aussi un enjeu économique majeur. Un environnement administratif plus transparent et plus prévisible est souvent considéré comme une condition essentielle pour attirer les investissements étrangers et soutenir l’activité économique. 

La sécurisation des recettes de l’Etat demeure un autre défi majeur pour le ministre Essongo. Les autorités appellent, depuis la fin du processus électoral, à la mobilisation des ressources publiques additionnelles pour permettre la réalisation du programme du gouvernement du Chef de l’Etat, réélu en mars dernier avec plus de 94% des suffrages exprimés. Ainsi, lors de la présentation de son programme d’action du gouvernement, le Premier ministre Makosso a clairement établi le lien entre la lutte contre les pratiques déviants et la sécurisation des recettes de l’Etat.

Chaque fraude, chaque détournement, chaque acte de corruption prive potentiellement l’Etat de ressources qui pourraient être consacrées à l’éducation, à la santé, aux infrastructures ou aux services sociaux de base. 

Mais, le ministre Essongo ne doit pas agir seul. La réussite de sa mission nécessite l’adhésion des autres départements ministériels et institutions qui doivent faire preuve d’exemplarité. Car nombreux se distinguent encore par l’inefficacité, la complaisance et la gabegie.

Les citoyens attendent que les contrôlent soient effectués à tous les niveaux, il faut qu’il y ait de la coopération gouvernementale. Car, par exemple, la lutte contre les anti-valeurs ne peut produire d’effets durables sans une culture de responsabilité et de reddition des comptes.  

Le succès du Ministre Essongo va restaurer la confiance des citoyens dans l’administration, renforcer l’efficacité de l’action publique et améliorer l’image des institutions. Les attentes sont donc énormes. Pour Léonard Noël Essongo, l’enjeu dépasse donc la seule conduite du ministère. Il s’agit de démontrer que la lutte contre les anti-valeurs peut enfin passer du stade des intentions à celui des résultats mesurables. 

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Arsene SEVERIN

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