MAKOSSO, DEUX GROS DOSSIERS IMPOPULAIRES EN UNE ANNÉE
L’accord d’affermage sur la distribution et la commercialisation de l’électricité, et l’accord sur les terres agricoles avec le Rwanda auront marqué le gouvernement Makosso en l’espace de moins de 12 mois.
Le début de l’année 2025 a été marqué par une giga manifestation des agents de Énergie électrique du Congo (E2C) pour empêcher la signature d’un contrat d’affermage qu’ils trouvaient défavorable à leur société. Il s’est alors engagé un bras de fer avec le gouvernement et qui a duré des jours.
Sans passer par le conseil des ministres, ce dossier avait atterri à l’Assemblée nationale, où les députés ont refusé de se brûler les ailes avant l’élection présidentielle de 2026. Le texte n’a pas été voté. Le processus a plutôt été suspendu, conseillé par Isidore Mvouba.
Mais, le gouvernement, soucieux des difficultés que rencontre E2C dans la fourniture de l’électricité, tient mordicus à faire aboutir ce contrat, conclu avec la Société sénégalaise d’électricité dont la filiale s’est déjà installée à Brazzaville aux frais de l’État congolais.
Comme sur l’affaire des terres agricoles avec les Rwandais, le président Denis Sassou N’Guesso a préféré recadrer les choses en convoquant un conseil des ministres à Oyo où il séjourne depuis le week-end dernier.
L’année dernière, en effet, le gouvernement Makosso a également fait face à un gros dossier, relatif à la cession des terres agricoles aux sociétés rwandaises. Le Premier ministre a dû faire le terrain, les 4 et 5 juin 2024, pour apaiser la population déjà surexcitée à l’effet de savoir ou de découvrir que l’État avait vendu leurs terres.
Selon nos informations, le président de la République avait dû annuler fin mai 2024, la tenue d’un conseil des ministres pour appeler le gouvernement à coordonner et à maximiser sa communication autour de ce dossier, dont les interprétations les plus catastrophiques faisaient le buzz sur les réseaux sociaux.
Anatole Collinet Makosso s’est alors rendu tour à tour devant le parlement et son parti, le PCT, pour expliquer et réexpliquer. Le Premier ministre a même confectionné des bottins de documents qu’il adressa aux opposants, dont Clément Mierassa dans le but de les convaincre de la bonne foi du gouvernement.
En une année, Anatole Collinet Makosso a fait face à la réaction de la population, mais aussi au soutien mitigé de son propre parti politique au parlement sur des dossiers extrêmement vitaux. Quoique la crise de l’eau et de l’électricité reste jusque-là sans solution.