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L’ŒUVRE DE THÉOPHILE OBENGA A DIX ANS

L’ŒUVRE DE THÉOPHILE OBENGA A DIX ANS

Dans une édition du journal Mweti parue en février 1984, le professeur Grégoire Lefouoba, prémonitoire, appelait déjà au couronnement et à la reconnaissance de l’œuvre immense du professeur Théophile Obenga. 41 ans après, cet appel lancé dans le désert a finalement été entendu. Voici l’article intégral publié à cette époque.

« L’ŒUVRE DE THÉOPHILE OBENGA À DIX ANS!

Il n’y a rien de plus en philosophie que les commencements. Ce que tout philosophe a toujours cherché est finalement la réponse à la question principale : par où commencer?

La culture est l’axe par lequel commence toute vie humaine car elle est coexistensive à l’homme et, OBENGA le sachant, commence par elle.  Théophile OBENGA est l’un des penseurs congolais dont la fécondité spirituelle n’est plus à démontrer.        Son œuvre est abondante.

 L’universalité de celle-ci est l’un des traits les plus caractéristiques car elle embrasse les principales branches de la connaissance en sciences humaines.

 Dans chaque branche, il apparaît comme un novateur.

Les brillantes conclusions contenues dans « l’Afrique  dans l’antiquité  » expriment une dimension qui fait de l’histoire une construction de l’avenir.

C’est un grand devoir et une honnêteté de  rendre un hommage à ce penseur qui, malgré les méandres de l’environnement culturel africain consacre l’essentiel de son activité de recherche à affirmer la dimension culturelle de l’Afrique.

Le voyage intellectuel qu’il réalise dans l’Égypte antique  repond à plusieurs préoccupations dont la première est la réhabilitation de l’histoire africaine qu’il voudrait inscrire à l’ordre du jour de la culture moderne.

En démontrant l’antériorité de la civilisation nègre en Égypte, OBENGA rend  ce qui appartenait à l’Égypte dans son acceptation réelle.

Cet ouvrage qui dépasse les limites de la simple reconnaissance de l’histoire retrace le cheminement de l’histoire de la philosophie.

Le réquisitoire qu’il prononce contre  Platon, Aristote et autres fait de cette œuvre un véritable instrument du savoir philosophique et démontre que le séjour de ceux-ci en Égypte représente pour l’époque actuelle, les séjours d’études pour le 3 ème cycle que les Africains effectuent en Europe.

D’ailleurs, Théophile Obenga a commencé par la philosophie.              

De la philosophie, il est passé à la Linguistique, l’Histoire, la Préhistoire et la sociologie sans oublier l’anthropologie.

Novateur remarquable, il est aussi l’un des poètes congolais possédant une véritable muse et ses poèmes expriment une dimension philosophico-historique.

 Ce qui est normal.

 La littérature africaine devrait commencer absolument par par l’antiquité africaine sans quoi elle serait simplement une littérature sans histoire réelle.

Grâce au génie de ce penseur, la grandeur du Congo se fait voir au plan scientifique et il nous permet dans son « Introduction à la connaissance des peuples de la République Populaire du Congo » de reconnaître notre origine commune dans la diversité.

 Cet ouvrage constitue un fondement historique pour l’unité culturelle du Congo donc pour l’unité nationale.

Mais ce qui constitue la valeur la plus universelle de son œuvre, la source de son influence la plus décisive , c’est le caractère internationaliste de son œuvre.

Trois ans après avoir publié sur le Congo, sa pensée a traversé le fleuve pour étudier l’histoire de nos frères Zaïrois,disons, mieux comme lui-même connaître le peuple voisin du Zaïre, signe de solidarité culturelle.

La dimension de l’honneur que nous rendons à ce penseur congolais est essentiellement scientifique.

 Seule la science peut nous libérer des idéologies néocolonialistes qui sillonnent notre continent et lutter contre des idées qui ont la vie dure telle: l’Afrique noire est[si] mal partie de René Dumont.

Pour  préparer l’avenir de ce continent, il nous faut des utopies, des grandes idées.

 Ce sont des utopies qui ont contribué à développer des échanges culturels en Europe et déterminé plus scientifiquement leur lendemain.

Ici et aujourd’hui investir dans la culture est aussi investir dans l’économie.

Par cet article sur l’œuvre de Théophile OBENGA, historien et philosophe congolais, c’est le Congo, l’Afrique et le discours scientifique africain, affirmant leur volonté de défendre résolument la raison au nom de l’avenir contre l’obscurantisme, la barbarie afin que le dialogue entre la terre et le Cosmos soit bien écouté.

L’œuvre d’OBENGA se rapproche du génie et de l’esprit de notre peuple car, c’est d’abord une tâche culturelle.☆

G.Lefouoba »

Mweti, n° 935, mardi 21 Février 1984 p.8

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Arsene SEVERIN

1. Ouverture le 5 février à Bambou, au nord de Brazzaville, de la première grande Foire agricole et commerciale. Bilan des 5 ans des ZAP. 2-Le candidat Anguios Nganguia Engambe, après avoir payé sa caution électorale de 25 millions, a passé le 30 janvier ses examens médicaux devant les trois médecins assermentés.3-Le gouvernement annonce la tenue d'une concertation politique début février à Djambala, au sujet de l'élection présidentielle 4- Le PSG, le Real Mardid, Inter Milan et bien d'autres clubs joueront le 17 février les matchs de barrages pour espérer être qualifiés aux huitièmes de finale de la ligue des champions. 

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