QUE PEUT FAIRE SASSOU-N’GUESSO FACE AU DETRIMENT DU SPORT ?
Le président de la Cour constitutionnelle, Auguste Iloki a demandé le 7 janvier à Brazzaville, au président Denis Sassou-N’Guesso de prendre le sport en main. Profitant de la présentation des vœux des corps constitués nationaux au chef de l’Etat, M. Iloki a rappelé les bons moments qu’a connus le football congolais.
« Il fut des décennies au cours desquelles le sport congolais était le loisir, le plus attractif, pour Votre peuple », a rappelé le président de la cour constitutionnelle sous une salve d’applaudissements, venant d’une assistance très nostalgique.
Rappelant cette belle période en effet, Auguste Iloki a cité de grands derbys de football qui drainaient des foules au stade Alphonse Massamba de Brazzaville, Casimir Mvoulaléa ou Pont de Dolisie, à la seule évocation des clubs tels Etoile du Congo, Diables noirs, Cara, Inter-Club, Patronage, Kahunga, Elecsport de Bouansa, Suco, As cheminot, EPB, V. Club Mokanda.
« On ne pouvait pas s’éloigner de son poste transistor ou de son poste téléviseur quand s’affrontaient ces équipes », a-t-il évoqué.
Mais, depuis, le sport congolais piétine. Le football est dans une profonde stagnation, fruit d’une crise entre le ministère des Sports et la Fédération congolaise de football (FECOFOOT). Cette situation a mis à genoux le football. Les stades sont fermés et les clubs ne savent plus à quel saint se vouer.
Les autorités qui gèrent ce dossier ont mis en avant leurs égos, sacrifiant sur l’autel des intérêts personnels le plaisir de tout un peuple.
Alors que se dispute la 35ème édition de la Coupe d’Afrique des nations, le Congo, pourtant champion en 1972, n’existe pas. Il est toujours éliminé dès les phases éliminatoires, faute d’une équipe solide, des joueurs en compétition, et d’une organisation efficiente.
Au pouvoir depuis de nombreuses décennies, le président Sassou-N’Guesso semble laisser s’écouler les choses, sans intervenir. La guéguerre entre son gouvernement et la fédération ne lui donne pas, pour une fois, l’occasion de taper le poing sur la table.
L’interpellation du président Iloki peut paraître comme une mise en scène, mais le problème est posé, et le président de la République est interpellé.
« Les corps constitués nationaux et les forces vives de la Nation apprécieraient, donc, hautement, que Vous portiez, sur ces deux disciplines, le type de regard d’un très grand Patriarche qui, à lui seul, suffit pour recréer l’harmonie et faire renaître l’espoir, dès lors que Vos paroles portent l e poids de votre expérience mémorable », a déclaré le président de la Cour constitutionnelle.