LA CORRUPTION GARDE LA PEAU DURE, MALGRE LA DENONCIATION !
Dans son discours sur le Programme d’action du gouvernement (PAG), le Premier ministre Anatole Collinet Makosso a déploré le fait que les antivaleurs, en croissance, empêchaient toujours l’Etat de faire des économies pour régler les problèmes qui se posent dans le pays. Il a annoncé renforcer les pouvoirs de la Haute autorité de lutte contre la corruption, institution sous sa tutelle et vachement financée, mais sans impact.
En présentant les 20 missions que son gouvernement va mener pour que le Congo connaisse une relance économique, le Premier ministre compte absolument sur la mobilisation des ressources financières publiques additionnelles. Ce nouveau slogan a été lancé pendant la campagne pour l’élection présidentielle de mars 2026. En réalité, le Congo a assez d’argent pour amorcer concrètement son développement. Mais, cet argent disparait dans les poches de quelques individus, dont nombreux sont peints de l’autorité de l’Etat.
Dans tous les circuits d’argent, notamment au niveau des régies financières, le Congo ne manque pas de sous. Cependant, le pays ne manque pas aussi des rapaces, pleins de boulimie, qui empochent, sans répit, le moindre centime qui tombe dans les caisses de l’Etat. C’est une question connue et bien examinée par les services de l’Etat.
Pour faire face à cette épineuse situation de corruption qui devient une gangrène dans le pays, le Congo a mis en place plusieurs institutions de lutte contre les anti-valeurs comme la Haute autorité de lutte contre la corruption (HALC), la Commission nationale de transparence et de responsabilité dans la gestion des finances publiques (CNTR), la Cour des comptes et de discipline budgétaire (CCDB), l’Inspection générale d’Etat (IGE) et plusieurs autres commissions au sein du parlement et du gouvernement.
Tout cela n’a eu aucun impact sur la lutte contre la corruption et le détournement des deniers publics. A chacune de leur sortie, les autorités, notamment le président de la République et son Premier ministre ne manquent pas de dénoncer les antivaleurs dans l’administration publique. Ces dénonciations ne sont curieusement suivies d’aucune sanction exemplaire et pédagogique.
En 2024, le président Denis Sassou-N’Guesso dénonçait en effet le détournement de six milliards de FCFA de bourses d’étudiants. Alors que les bénéficiaires réels devraient être payés à trois milliards, le budget décaissé lui était à neuf milliards. Malgré cette annonce aucune action de la justice. Silence total du côté des institutions de lutte contre les comportements déviants. Le Chef de l’Etat a même conclu que « le vert était dans le fruit », parlant de la Justice.
Quand certaines institutions essaient de travailler, leurs rapports d’enquête n’impactent pas les autorités qui restent insensibles et inamovibles aux conclusions de ces institutions. C’est le cas de la CNTR qui a produit un rapport sur la corruption cancérigène dans le circuit de production des passeports. La CNTR s’apprête à publier un autre rapport d’enquête sur le détournement de la Redevance audiovisuelle (RAV). Mais, pour quel effet ?
Trop de vœux pieux de la part du gouvernement dans la lutte contre la corruption et les antivaleurs. La population ne retient jusqu’à ce jour aucune sanction exemplaire qui puisse aider la société à cultiver un esprit patriotique caractérisé par le goût du travail bien fait, le respect des biens de l’Etat et le gain bien mérité.
Au contraire, les puissants psalmodiés dans le pays et qui servent d’exemple à la jeunesse sont des paresseux qui puisent profondément dans les caisses de l’Etat.