LE CONGO ACCELERE LE PAIEMENT DE SA DETTE
Alors que le service de la dette avait prévu 225 milliards XFA cette année, le gouvernement a pu rembourser jusqu’à 418 milliards XFA. La dette ne devrait pas être une fatalité, surtout si elle a servi à une bonne cause.
Cette dette est de plus de 8.500 milliards XFA, soit 93% du PIB, beaucoup moins qu’en 2023 où elle était à 99% du PIB. Selon les projections du FMI, la dette congolaise pourrait baisser jusqu’à 91% du PIB. La norme dans la sous-région CEMAC est de 70%.
Sur les 8.500 milliards XFA, la part de la dette intérieure est estimée à plus de 5.000 milliards XFA, et plus de 3.000 milliards de la dette extérieure et dont la majeure partie détenue par la Chine, suite aux travaux de construction dans le pays.
Le Congo doit énormément à la Chine, soit 45% de la dette extérieure. D’autres créanciers sont le FMI, la Banque mondiale, la BAD, et les traders qui détiennent plus de 22% de cette dette. La plus grande partie de cette dette colossale a été contractée à des taux fixes.
Mais, il faut reconnaître qu’en quatre ans, la structure de la dette extérieure s’est nettement inversée, passant de 57% à 39% en fin 2024. Le traitement accéléré du service de la dette en est la principale raison. Le Congo se préoccupe du paiement de cette dette qui bouche bien de perspectives économiques, notamment la crédibilité de la signature financière et l’inaccessibilité aux bailleurs de fonds dont le pays a pourtant besoin pour financer ses projets.
Le Premier ministre Anatole Collinet Makosso manifeste la volonté de poursuivre le service de la dette dans un contexte difficile et précaire. Il est vrai que le chef du gouvernement est venu trouver l’ardoise à plus de 6.000 milliards de XFA. Et deux gros mille milliards se sont ajoutés depuis. Il pourrait, au regard de cela, nourrir un défi personnel visant à remettre les voyants au niveau où il les a trouvés, il y a cinq ans. Et pourquoi pas plus bas encore !