LE CAD DEMANDE A LA DGSP D’ARRETER IMMEDIATEMENT SES OPERATIONS
Dans une déclaration publiée le 30 septembre à Brazzaville, le Centre d’action pour le développement (CAD) s’est dit vivement préoccupé suite aux opérations menées par la Direction générale de la sécurité présidentielle (DGSP) contre les hordes de bandits communément appelés « Bébés noirs ».
Pour le CAD, il s’agit ni plus ni moins que d’une « opération criminelle », plaidant pour que la justice reprenne en mains ce dossier de lutte contre le banditisme. L’ONG a même appelé à l’ouverture « des poursuites judiciaires contre les responsables hiérarchiques et opérationnels impliqués » de la DGSP.
Le CAD a ainsi condamné « avec la plus grande fermeté » cette opération dans les quartiers, notamment nord, de Brazzaville. D’après le responsable Campagne et Plaidoyer de cette organisation, Guerschon Gobouang, la traque contre les bébés noirs aurait déjà fait une dizaine de morts. L’activiste n’a pas hésité à parler « des exécutions sans procès ni jugement, dans un climat d’impunité totale ».
Depuis la semaine dernière, en effet, les éléments de la sécurité présidentielle se sont déployés dans les quartiers nord de Brazzaville, réputés niches des jeunes bandits, pour interpeller, puis éliminer tout suspect ou personne ressemblant au bébé noir, selon les renseignements fiables à leur disposition.
Cette opération qui a été saluée par des habitants de ces quartiers, traumatisés depuis des années par les bébés noirs qui y sèment la terreur, a pourtant provoqué une vague de polémique au sein de l’opinion. Nombreux estiment que la DGSP agit au mépris des lois et règlements du pays. D’autres aussi pensent qu’il était temps que l’armée intervienne.
Depuis le déclenchement de la traque contre les bébés noirs à Brazzaville, aucun communiqué ni déclaration officiels, encore moins une notification sur les réseaux sociaux à l’endroit de la population. Le gouvernement et le parlement sont pour l’instant restés murés dans un silence injustifié.
Admettant « l’échec de la police et de la gendarmerie » dans l’opération ‘’Coup de poing’’ dont la méthode avait déjà été largement critiquée par le CAD et ses alliés, « mais cela ne veut pas dire que l’armée doit mener une guerre contre une partie de la population », a martelé Guerschon Gobouang.