BIENTOT UNE NOUVELLE TAXE POUR LE RAMASSAGE DES ORDURES
Dans son dernier conseil des ministres de l’année tenu le 31 décembre, le gouvernement s’est dit vivement préoccupé par l’insalubrité qui gagne et demeure dans les quartiers des deux principales villes congolaises, Brazzaville et Pointe-Noire. Pour y faire face, l’Etat demande aux Congolais une participation citoyenne au travers d’une taxe qui va être fixée par le gouvernement et les mairies.
« Le Chef de l’Etat a invité le gouvernement, en concertation avec les collectivités concernées, à mettre en place, aux côtés du financement par l’Etat de l’assainissement urbain, une contribution citoyenne au ramassage des ordures, afin que l’ensemble de la société congolaise contribue à l’amélioration de notre cadre de vie commun », peut-on lire dans le compte rendu du conseil des ministres.
Les mairies de Brazzaville et de Pointe-Noire, appuyées par les services du gouvernement, devraient mettre très rapidement mettre en place cette modique taxe, afin d’accompagner les opérations de pré-collecte des ordures dans les quartiers.
En réalité, les Congolais payent déjà, depuis des décennies, pour cette opération. De nombreuses familles, en effet, sont en contrat avec des pré-collecteurs d’ordures ménagères qui, à l’aide de leurs pousse-pousse, tricycles (Kavaki) ou brouettes, passent de parcelle en parcelle pour ramasser les ordures. Ces pré-collecteurs sont directement payés par les usagers, soit dans la semaine soit dans le mois, selon les termes de leur accord.
Sur le terrain, on constate effectivement un dysfonctionnement entre la société Albaryak (prestataire officiel et successeur de la société Averda) et les pré-collecteurs. Ces derniers jettent les ordures sans tenir compte des aires de transit aménagées à cet effet. Albaryak quant elle ne rentre pas dans les quartiers, son service ne s’arrête que sur les grandes artères de la ville, là où circulent les autorités. Et pour cela, sa prestation coûte 3,2 milliards de XAF le mois.
Dès le début, le gouvernement savait qu’il n’arrivera pas à verser régulièrement ce montant à l’opérateur turc, malgré les pénalités prévues dans le contrat.
Malgré des lignes budgétaires prévues pour l’assainissement des deux principales villes, Brazzaville (800 millions XAF) et Pointe-Noire (400 millions XAF) ne dépensent rien. Les citoyens se débrouillent avec les pré-collecteurs. Or, les deux villes génèrent à elles seules plus de 2.000 tonnes d’ordures ménagères par jour. Plus de 350 tonnes d’ordures sont ramassées par les pré-collecteurs à Brazzaville, contre 5 tonnes à Pointe-Noire. Le reste d’ordures trainent dans les ruelles et les caniveaux.
Depuis quelques années, l’Etat prélèvent un impôt classique de 2.000 XAF sur les salaires des fonctionnaires pour assainir principalement les deux villes. Cette taxe représente environ 1,44 milliard XAF l’année. Une goutte d’eau dans la mer face aux 3,2 milliards que facture Albaryak.
Pour coordonner toutes les actions de l’assainissement, le gouvernement a créé la Direction générale de l’assainissement dirigée par Yvon Kaba, jeune opérateur bien connu des milieux. Il est en quête d’environ 500 millions XAF pour faire luire Brazzaville et Pointe-Noire. Mais, son département ne peut mobiliser que 20% de la somme recherchée.