LE CONGO SEUL EN SURENDETTEMENT DANS LA ZONE CEMAC
Avec quasiment 98 % de dette de son PIB, le Congo caracole seul en tête des pays endettés de la Communauté économique et de monétaire d’Afrique centrale (CEMAC). Le Tchad, très en deçà de la norme fixée par la zone, avec seulement 40 % de son PIB, est très loin de la situation du Congo.
Le Congo reste en surendettement. Avec ses 97,9 % de dette, il est seul avec plus de 20 points en avance des autres pays de la zone. Le Gabon qui vient juste après, dépasse légèrement la norme de la zone, avec 78 % de son PIB. La Républicaine centrafricaine se comporte plutôt bien, malgré une situation économique et financière sous tension depuis des années, due aux conflits armés. La RCA entretient en effet une situation de dette égale à 61 % de son PIB.
Plus bas encore, se trouve la Guinée équatoriale avec seulement 40 % de son PIB. Ce pays pétrolier profite d’un endettement relatif plus faible malgré les prix de baril de pétrole peu intéressants sur le marché international. Le Cameroun et le Tchad quant à eux s’en sortent parfaitement bien, avec un endettement plus bas, avoisinant les 40 %.
Le Congo est rentré dans un cycle infernal d’endettement, arrivant aujourd’hui à s’endetter pour payer les dettes. Le service de la dette fait l’objet d’une pression énorme, car le pays a pu rembourser plus de 1.490 milliards FCFA de dette entre janvier et juin 2026. Un autre paiement de 900 milliards est attendu d’ici la fin de l’année. Selon la situation de mai 2026, le stock de la dette est de 9.483 milliards FCFA.
La Chine détient à elle seule plus de 61 % de la dette extérieure du Congo, suivie des traders pétroliers avec plus de 33 % de dette. La France, ancienne puissance coloniale, est également l’un des créanciers du Congo, ainsi que la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI).
Le retour du pays sur le marché financier international est la cause principale de cet endettement massif et rapide. En 2025 le pays avait réussi, grâce au satisfecit du FMI, à soigner sa signature, attirant ainsi certains bailleurs de fonds qui n’ont pas hésité à créditer les eurobonds du Congo sur le marché international. Grâce aux eurobonds, le Congo s’est endetté à 930 millions de dollars (568 milliards FCFA) en 2025, et en février 2026, le pays a encore pris 700 millions de dollars (400 milliards FCFA). Sans compter le recours massif sur le marché financier de la CEMAC. Le pays a grignoté un peu partout.
Malheureusement, sur le plan interne, la mobilisation des recettes n’a pas suivi. Les prix de pétrole avaient chuté pour un moment, avant qu’on assiste (actuellement à la remontée des cours, dépassant les 100 dollars baril). En même temps, on a assisté à la chute des recettes fiscales.
Avec un budget 2026 de 2.778 milliards FCFA, le pays vit en deçà de ses moyens, plombé par la dette. Le Congo tourne ainsi à ne payer que ses dettes et trouver de quoi faire fonctionner l’État avec les salaires des agents publics, et payer quelques fournisseurs importants. La dette intérieure, qui est la plus importante, est payée au compte-gouttes. Difficile dans ces conditions de relancer l’économie à travers la consommation nationale.
La grande partie de cette dette qui pèse 98 % sur le PIB a servi à financer les travaux de modernisation du pays, et maintenant à rembourser l’ancienne dette. C’est-à-dire s’endetter pour rembourser la dette existante.