UN MOIS PAYE, UNE ANNEE D’ARRIERES DES PENSIONS !
45 mois d’impayés à la Caisse de retraite des fonctionnaires (CRF), 18 trimestres à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), et une dette sociale qui se chiffre en centaines de milliards de FCFA. La crise des retraites est devenue structurelle, les deux caisses peinant à assurer régulièrement le paiement des pensions.
A la CRF, les retraités réclament 45 mois d’arriérés, accumulés entre novembre 2016 et décembre 2021. A cela s’ajoutent impayés, notamment six mois depuis le début de cette années.
Le problème n’est pas nouveau. En 2023, le gouvernement avait reconnu une dette colossale de 269 milliards de FCFA. La même année, les arriérés avaient déjà atteint les 360 milliards FCFA. C’est une situation désormais à inscrire dans le long et lourd chapelet de la dette intérieure. L’État s’est ainsi engagé à la payer quand il dispose de moyens. Pas de pression.
Mais, face à la pression des retraités, le gouvernement a annoncé le 17 août le paiement d’un mois d’arriérés. Ce paiement devrait commencer le 26 août, selon un calendrier publié par le service de la CRF, visant en premier lieu les numéraire, c’est-à-dire les retraités qui ne perçoivent pas en banque.
C’est une bouffée d’oxygène. Mais pas encore une solution. Quand plusieurs dizaine de mois sont dus, payer un seul mois ne règle pas la dette, et il ne réduit pas la peine. Le véritable défi pour le gouvernement reste l’apurement de la dette historique et la capacité des deux caisses à payer régulièrement les pensions.
Le problème est que les deux caisses sont confrontées à des difficultés de financement et à l’accumulation d’arriérés. Le FMI considère les pensions et autres arriérés sociaux validés comme une composante de la dette intérieure de l’État. En juillet dernier, face à l’absence de réponse à leur demande d’audience, les retraités avaient même menacé d’organiser un sit-in devant la primature et dans les chefs-lieux de département.
Après le dialogue interministériel avec les associations des retraités, présidé par le Premier ministre Anatole Collinet Makosso, le gouvernement a repris le dossier en main. Le paiement d’un mois sur la cinquantaine due en est une preuve.