TOUTE LE MONDE VEUT ETRE MINISTRE !
Les choses vont vite. Le Premier ministre Anatole Collinet Makosso a déposé sa démission, conséquence directe de la fin du mandat 2021-2026 de Denis Sassou-N’Guesso qui vient d’être investi pour un nouveau mandat. Les attentes sont grandes pour le nouveau gouvernement.
Tous les ministres sortants sont prêts à rempiler dans le nouveau gouvernement. Même ceux qui sont sans bilan, malades ou fatigués veulent rester, espérant faire mieux dans la mise en œuvre du nouveau programme du président de la République, « Accélérons la marche vers le développement ».
Parce qu’ils sont sur des projets intéressants, d’autres ministres estiment qu’ils doivent rester pour terminer ce qu’ils ont commencé.
Nombreux savent que Sassou-N’Guesso va réchauffer la recette. Reprendre et recommencer avec les mêmes pour espérer obtenir les résultats différents, par exemple dans la fourniture de l’eau et de l’électricité, ou dans la moralisation de la vie publique. Disponibles et déterminés pendant la campagne électorale, plusieurs ministres ont tout donné pour revenir au gouvernement qu’ils considèrent comme leur emploi stable et définitif.
En interne, les envies se sont multipliées ces dernières semaines. Le poste de Premier ministre fait l’objet de spéculations et de supputations. Makosso va partir, Pierre Mabiala va le remplacer, car les ressortissants du Niari estiment que c’est leur tour de prendre le palais de la Gare. Alors que Rigobert Maboundou avec la Bouenza font figure de troisième larron, une certaine opinion fait émerger l’idée de donner la passe à Jean Jacques Bouya, proche du président de la République. Mais, nombreux dans le gouvernement sortant depuis longtemps des cartes grillées. Ils n’ont aucune chance de revenir.
Aux abords du gouvernement, d’autres Congolais observent le game. Nombreux pensent que leur tour est arrivé. Dans le lot, ceux qui se sont rivalisés dans la mobilisation pendant la campagne électorale, suivant partout, sur le terrain, le président-candidat. Députés et sénateurs aussi sont alignés sur les starting-blocks, arguant que le parlement est l’antichambre du gouvernement.
Les jeunes ne sont pas en marge. Ils veulent prendre le chef de l’Etat aux mots dans son concept de gestion intergénérationnelle. Eux aussi veulent des postes dans le gouvernement. Les universitaires chauffent actuellement les plateaux de télévision et de radio, encombrent les médias en ligne pour vanter leur façon de voir les choses.
Parfois à coup des billets de banque, quelques activistes des réseaux sociaux pondent des listes des membres du prochain gouvernement, avec 70 à 90% d’anciens ministres. Rien de nouveau sous le ciel, en dehors de quelques potes qu’ils insèrent sur la liste.
Même les plus irréductibles qui passent leur temps à critiquer et à tout battre en brèches ne disent pas, à ce stade, ne pas être concernés. Un appel à intégrer le gouvernement ne les laissera pas indifférents. Sassou-N’Guesso, grâce à sa longévité au pouvoir, les connait tous. S’il ne s’assure pas que les gueulards bouffent, il les approchera de lui, pour régner ensemble.
Connu pour son caractère imperturbable en la matière, Denis Sassou-N’Guesso lit forcement tout ce qui s’écrit sur le prochain gouvernement. Il en rigole parfois. Mais, sa réponse surprendra plus d’un. Dans ses froides et paisibles réactions, il n’a pas l’habitude de suivre les crieurs de rue et autres propagandistes qui lui foutent la pression. La vérité c’est qu’il ne bougera pas jusqu’à 30° ! Ceux qui ont déjà leur champagne aux frais pourront pleurer…