IL FAUT VRAIMENT DE L’ARGENT POUR TENIR A L’ELECTION PRESIDENTIELLE
L’élection présidentielle du 15 mars 2026 révèle un exercice réservé à ceux qui disposent de l’argent. La caution électorale fixée à 25 millions XAF n’est que l’arbre qui cache la forêt, car il faut énormément de l’argent pour tenir à une élection présidentielle au Congo. Ainsi, l’argent décide de qui peut ou ne pas être candidat.
Les dépenses liées à la campagne électorale sont largement estimées supérieures aux 25 millions qui font trembler tout le monde. Les jeunes opposants, candidats déclarés à cette élection, comme Destin Melaine Gavet, Dave Mafoula ou Vivien Romain Manangou sont constamment assaillis de cette question : où trouvez-vous les 25 millions de caution ?
En réalité, il y a plus cher ailleurs. Il faut payer dur et lourd pour le transport sur le tout pays, voyager d’un département à l’autre, à la rencontre des citoyens, éventuels électeurs. Il faut assurer la mobilisation et surtout la démobilisation des militants et sympathisants qui prennent part aux événements.
Sur place, il faut de la consommation, de la sonorisation, des banderoles et autres affiches. La communication coûte cher.
Evidemment, pour les jeunes acteurs politiques, les membres de la société civile, les intellectuels indépendants ou les leaders communautaires sans soutien financier, il est difficile de se porter candidats et de tenir 15 jours de campagne électorale.
Dans les faits, les militants sont mobilisés à coup de billets de banque, membres de l’opposition et de la majorité. Les citoyens ne suivent pas les projets de société. D’ailleurs, personne n’en lit. Les gens veulent de l’argent, les fameux 2.000 XAF !
Selon un directeur de campagne, une candidature crédible à l’élection présidentielle coûte au minimum entre 250 et 500 millions XAF, et pour les grands candidats, la facture peut atteindre plusieurs milliards.
En dépit de l’inégalité structurelle entre les candidats créée par cette réalité financière, l’élection se tient et les pouvoirs publics ne légifèrent pas. Le candidat disposant des leviers de l’Etat et de solides réseaux économiques dans les départements crée nettement de l’avance sur les autres qui ne comptent que sur leurs maigres économiques ou la cotisation des fidèles et membres engagés.