LE PCT CHERCHE-T-IL A DYNAMITER LE FHIC ?
Après le succès de la cinquième édition du Forum Horizon initiative et créativité (FHIC), tenue du 21 au 23 août à Pointe-Noire, des tensions émergent. Des sources crédibles proches du Parti congolais du travail (PCT) évoquent des manœuvres pour contenir voire carrément briser l’influence croissante du FHIC, un rendez-vous dédié à l’entreprenariat et à la créativité des jeunes.
Le FHIC, devenu en cinq éditions, un carrefour d’échanges et d’actions concrètes en faveur des jeunes entrepreneurs congolais, pourrait se retrouver dans le collimateur de certains caciques du parti au pouvoir. Deux éléments majeurs auraient fait monter la pression dans le juron du pouvoir.
D’abord, la présence du Premier ministre, Anatole Collinet Makosso, chef du gouvernement, mais aussi influent membre du PCT, à ces assises aurait dérangé le parti au pouvoir. ‘’Pourquoi aurait-il facilement accepté de se faire embarquer par ce club des journalistes ?’’ nous a-t-on rapporté de discrètes conversations au sein du PCT.
Ce groupe de journalistes reconnus dans le pays, agissant comme agents de la société civile, travaillent en effet à rapprocher les décideurs, détenteurs des fonds, de la jeunesse, propriétaire des jeunes en attente de financement. Car, le FHIC ne finance aucun projet depuis sa création, parce que ce n’est pas son mandat.
La présence du Premier ministre à cette édition a été pour les organisateurs du FHIC, à la tête de laquelle se trouve Aline France Etokabeka, journaliste à la télévision nationale, un parrain efficace qui a su apporter la bonne nouvelle aux jeunes. Le chef du gouvernement congolais a expliqué, sans intermédiaire, les efforts fournis pour réduire le chômage, chiffres à l’appui (nous y reviendrons avec force détails).
Le deuxième aspect est la présence constante du Fonds d’impulsion, de garantie et d’accompagnement (FIGA) aux forums du FHIC. Le fonds profite de ces rencontres définies comme foire à projets pour rencontrer les jeunes, financer les projets préalablement validés par ses services. Contrairement à ses débuts où le FIGA a été une véritable catastrophe émaillée de détournements des faramineuses sommes d’argent, aujourd’hui, le FIGA remet directement des chèques aux jeunes dont les projets sont sélectionnés. Il ne s’agit pas donc de l’argent distribué.
Plus professionnel à Pointe-Noire, le FIGA a même logé tout l’argent retenu (63,8 millions XFA) pour le financement des projets présentés pendant le FHIC, dans une caisse de microfinance.
A l’orée de la campagne pour l’élection présidentielle de 2026, le PCT qui doit rassembler et présenter un bilan probant face à la jeunesse, n’accepterait pas qu’un groupe de journalistes vient jouer dans sa cour. Le PCT s’est déjà mis à dos Génération Auto-entrepreneur (GAE), une initiative de Digne Elvis Tsalissan Okombi dont il n’arrive pas à se débarrasser. La montée en puissance du FHIC serait donc vue comme une complication de plus.
Le FHIC serait alors perçu comme une menace par ceux qui veulent garder le contrôle de toute activité dans le pays. En effet, face à l’initiative FHIC, il semblerait que de réunions secrètes soient tenues pour réfléchir à des stratégies visant à compromettre la continuité de ce forum dont la prochaine édition devrait se tenir très rapidement dans une capitale préfectorale du nord du pays.
Pour l’heure, aucune déclaration officielle du PCT ne vient confirmer ces intensions. Mais, les spéculations vont bon train, surtout dans un contexte où l’entreprenariat des jeunes est devenu un enjeu majeur pour le développement et la stabilité du pays.
Reste à savoir si le FHIC va poursuivre sa marche et tenir ferme face à ces pressions politiques, ou simplement si son ambition sera freinée par des calculs partisans.