TÉLÉ CONGO N’EST PAS UN SERVICE PUBLIC
La télévision nationale congolaise est de loin une chaîne de service public, mais plutôt une télévision d’État, contrôlée de main de maître par le gouvernement.
Malgré la contribution des populations pour faire renouveler et renforcer les programmes de Télé Congo à travers la Redevance audiovisuelle (RAV), les résultats restent mitigés : une télé au service des autorités.
C’est une grosse arnaque que de voir les Congolais cotiser quelque 3,7 milliards XFA entre 2018 et 2020, pour ne verser à télé Congo que 50 millions de XFA en 2021. Et comment espérer voir la chaîne refaire sa grille des programmes tous les six mois ?
En réalité, télé Congo qui emploie plus de 1.000 agents dont la moitié étant des journalistes, n’a jamais été une télé du service public. Le décret présidentiel de novembre 1998, fixant son statut après la guerre, souligne bien qu’elle est d’abord un organe d’appui au ministre de la Communication. Donc un instrument de propagande des actions du gouvernement et de la conservation du pouvoir.
C’est pourquoi, à la différence de beaucoup d’autres télévisions qui se réclament du service public comme France 2 en France, télé Congo est restée sous l’emprise du ministère de la Communication. Son directeur général est depuis toujours nommé par accointances, sans appel à candidature.
Pour son fonctionnement, Télé Congo disposait en 2023 d’un budget prévisionnel de 135 millions de XFA, qui passent par la ligne du ministère. La chaîne est obligée de s’agripper à ses menues recettes ( communiqués, pages spéciales, invités du journal, publicité,…) pour faire face à certaines dépenses comme l’achat de carburant en cas de coupure d’électricité.
Là aussi, ces fameuses menues recettes, recouvrées par la Direction commerciales, ne sont pas totalement introduites dans le circuit de la dépense de la maison.
Le gouvernement garde une main solide sur le fonctionnement de Télé Congo et l’influence régulièrement par la diffusion des activités des ministres, même quand celles-ci sont vides de contenus. Les autorités veillent sur qui passe à la télé, et de nombreux opposants n’y ont pour l’instant aucun accès.
L’actuel directeur général de Télé Congo, avec son émission « Congo presse club » essaie de pousser le bouchon en faisant venir certains opposants. Mais, il devrait pas ignorer les limites fixées par ce qui juridiquement n’est qu’un organe d’appui aux actions du gouvernement.
Les sujets d’intérêt général et proches des populations comme la cherté de la vie, les catastrophes naturelles, les pénuries récurrentes d’eau, d’électricité et de carburant ne sont évoqués que quand un ministre ou un officiel réalise une descente de terrain, et en parle.
À longueur de journée, loin du service public, la télévision nationale rabâche les oreilles des téléspectateurs par des informations et autres productions politiques proches de la majorité au pouvoir.
Le politique influence profondément les programmes de la télévision nationale. À quelques mois de l’élection présidentielle, une réorientation de la grille des programmes et une large ouverture s’imposent à la chaîne nationale de télévision, afin de lui permettre de jouer son rôle de service public. Les Congolais y contribuent à cet effet.